Pessah sameah et sainte fête de Pâques

Chers Amis,

« L’an prochain à Jérusalem ! »

Pourtant cette année, de nouveau, c’est de Jérusalem que j’ai la joie de vous souhaiter « Pessah sameah ». Si aujourd’hui, c’est dans la liberté que le Seder se célèbre,  que cette célébration affermisse la communauté d’Israël et chacun de ses membres à conquérir, à recevoir, à sauvegarder cette liberté de toutes formes de servitude. Mais nous savons aussi que cette fête est marquée par l’inquiétude grandissante de la communauté à la suite de l’assassinat de Mireille Knoll qui s’ajoute à une liste déjà si longue. La liberté ne peut se vivre sans la sécurité. Elle est aussi l’affaire de tous. Que ce passage de l’esclavage à la liberté le soit aussi par rapport à ce climat anxiogène.

L’occurrence avec les célébrations du triduum pascal ne permettra pas aux chrétiens de participer au Seder, marque concrète de cette rupture et de cette continuité qui caractérisent nos rapports. A tous les Chrétiens, une sainte fête de Pâques, à vivre dans la solidarité et la proximité de nos frères ainés dans la foi, pour que cette fraternité s’incarne aujourd’hui là où nous sommes.

« Clameurs de joie et de salut sur les tentes des justes….
Voici le jour que fit le Seigneur, pour nous allégresse et joie. »

Ps 118, 15..24

Frère Louis-Marie
Abu-Gosh

Hommage à Mireille Knoll

Témoignons de notre solidarité et rejoignons la marche blanche en hommage à Mireille Knoll

A 18h30 Marche Blanche

Le cortège partira à 18h30 de la place de la Nation jusqu’au 60, avenue Philippe Auguste (XIe), lieu de résidence de Madame Mireille Knoll zal

A 20h Cérémonie d’hommage

à la mémoire de Mireille Knoll (zal) en présence de ses enfants et petits-enfants

Grande Synagogue des Tournelles

21 bis rue des Tournelles – 75003 Paris

Décès du père Jean Dujardin le 4 mars 2018

Dans la nuit du vendredi 3 au samedi 4 mars, le Père Jean Dujardin a quitté cette vie terrestre pour rejoindre la maison du Père. Théologien, historien il était prêtre de l’Oratoire dont il fut le supérieur général de 1987 à 1999. Il a été secrétaire du Comité épiscopal pour les relations avec le judaïsme de 1987 à 1999.
Il a profondément marqué et œuvré au rapprochement entre Juifs et Chrétiens particulièrement dans des moments de tensions après le changement de vision à l’égard du judaïsme initié par la déclaration Nostra Aetate n° 4 votée par le Concile Vatican II, tout particulièrement lors de la crise du Carmel d’Auschwitz et du projet de béatification de la reine Isabelle la Catholique, qui avait chassé les Juifs d’Espagne.
Confronté, comme historien et responsable du collège St Martin de Pontoise aux thèses négationnistes il axa essentiellement son travail sur la Shoa, les réflexions qu’elle suscitait, y compris théologiques et il s’appliqua à la tâche de la transmission de son histoire. A cet égard il est le cofondateur des « trains de la mémoire » qui emmènent tous les deux ans un important groupe de lycéens sur les traces de la Shoa. Il fut l’un des principaux artisans de la reconnaissance par l’Église de France de son attitude durant la seconde guerre mondiale, qui aboutit à la déclaration de repentance de Drancy en 1997.
Avec plusieurs ouvrages, tout particulièrement, « L’Église catholique et le peuple juif, un autre regard » (Calmann Levy 2003) et « Catholiques et Juifs cinquante ans après Vatican II, où en sommes-nous ? » (Albin Michel 2012) il nous laisse à méditer et à continuer d’œuvrer à ce travail de réconciliation et de construction de la fraternité.
Homme de calme et de réflexion, sa vie a été guidée par la découverte d’un judaïsme vivant lors d’un séjour dans un kibbutz religieux en Israël et le souci de comprendre le débat au sujet de la Shoa suscité par les négationnistes. Il écrivait : « Le questionnement qui en est résulté (de la Shoa) est loin d’être épuisé. Nous ne pouvons que l’amorcer. C’est un questionnement difficile car il remet en cause, non pas la foi chrétienne comme telle mais beaucoup de ses formulations et de nombreuses expressions de la piété. J’ose penser qu’il n’y a pas un seul domaine de la réflexion théologique qui ne sera pas affecté par ce nouveau regard de l’Église. » (« L’Église catholique et le peuple juif, un autre regard », Calmann Levy, 2003, p. 13)
Ses obsèques ont été célébrées en l’Église St Eustache (Paris 1), jeudi 8 mars à 14h30.